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  le blog stigny

histoire d'eau (suite 1)

12 Décembre 2006 , Rédigé par Jean-Pierre Nicod Publié dans #La vie sociale

Nous nous sommes arrêtés, dans le premier article, au moment ou s'achevait la phase 1 de récupération dans les citernes extérieures et où celles-ci devenaient opérationnelles. Cette phase a donné entière satisfaction et nous a permis d'assurer la quasi totalité des arrosages de fleurs et de légumes.
La phase 2 s’est déroulée au cours de l’été 2006. Elle a commencé par des demandes de devis à des entreprises de plomberie. Cela nous a beaucoup déçu. Non pas au niveau du prix, certes conséquents, mais au niveau de la compétence des éventuels intervenants.  Manifestement, ils n’avaient aucune idée de la manière de s’y prendre pour jongler entre les eaux de pluie à récupérer et l’eau de la ville à conserver disponible pour la consommation et la cuisine. Imaginer ensuite les inversions de circuits  en cas de panne sèche de la citerne semblait également hors de portée. Payer une entreprise et faire soi-même les plans et la conduite du chantier ne nous enthousiasmait pas vraiment.
Nous avons réalisé le plan de l’installation souhaitée sur ordinateur et nous avons constaté que sa réalisation n’était pas aussi difficile qu’on aurait pu le penser. Une fois le circuit conçu, il ne restait plus qu’à identifier le matériel et à l’installer à côté de la cuve souterraine ce qui était un travail de plomberie assez élémentaire.
Nous sommes donc partis en quête du matériel. Le premier essai fut le bon et nous avons eu la surprise de constater que le magasin de bricolage près d’Auchan à Tonnerre disposait de la quasi-totalité du nécessaire et à des prix très raisonnables. Pompes à surpression, filtres, vannes et tuyaux y furent donc achetés. Il restait à les mettre en place, ce qui fut fait au mois d’Août, avec l’aide du compagnon de notre fille Emmanuelle, Nicolas.
En moins de deux semaines tout fut installé et prêt à l’emploi. Un chauffe eau  rapide séparé à été mis en place pour la cuisine et alimenté à l’eau de ville , le chauffe eau principal est réservé aux salles de bains et alimenté soit par la citerne via les pompes soit par l’eau de ville en cas de panne sèche. Pour le moment, le circuit ne permet pas d’alimenter la cuisine à l’eau de pluie. Ce sera pour la phase 3 quand les analyses auront démontré la potabilité de l’eau de la cuve.
Il restait à mettre la cuve en eau : la gouttière était toujours détournée au caniveau , cela fut fait début septembre avec un minimum de casse au niveau du trottoir. Un filtre importé d’Allemagne a été posé en hauteur pour éliminer les plus grosses impuretés. Il permet en outre de couper l’alimentation de la cuve en cas de trop plein et de détourner la pluie vers le caniveau.  
Les premières pluies de fin d’été ont rempli la cuve au premier quart ce qui a permis de vérifier le bon fonctionnement de l’ensemble. L’usage des salles de bain, des toilettes et des machines à laver a par contre fait baisser le niveau un peu vite à notre goût. Comme c’était le moment de vider notre piscine de jardin qui contenait 8 M3 d’eau  propre. Une eau filtrée, légèrement javellisée et, elle-même, composée à 50% d’eau de pluie. Nous avons pensé que, plutôt que de pomper cette eau au caniveau, il fallait mieux la pomper dans la cuve. Ce qui fut fait et en remonta le niveau  aux 3 quarts.  
Depuis nous vivons sur cette réserve qui, grâce aux pluies d’automne reste stabilisée entre ½ et ¾  de plein. Un dispositif de flotteur composé d’une poulie, d’une cordelette, d’une bouteille de coca cola lestée de sable comme flotteur et d’un morceau de tuile comme contrepoids, permet de contrôler le niveau d’eau dans la cuve d’un simple coup d’oeil.  
 
Il ne faut  pas cacher que l’eau courante pompée de la sorte reste moins « confortable » que l’eau de la ville. De par leur conception les pompes à surpression fournissent  aux robinets une pression en « accordéon ».  Leur réservoir se vide quand on tire de l’eau et la pression interne baisse jusqu’au niveau défini pour que la pompe se remette en marche. Ensuite quand la pression maximum est atteinte la pompe s’arrête et la pression rebaisse jusqu’au niveau de remise en marche. Cela donne des variations de puissance du jet aux robinets qui peuvent être gênantes. Il faudrait arriver à ce la pompe ne se coupe pas quand on tire de l’eau donc qu’elle ne parvienne jamais à atteindre son niveau de pression maximum quand un robinet est ouvert. C’est le cas pour les gros débit comme un robinet de baignoire mais ce n’est pas le cas pour la pomme de douche ce qui donne des variations de flux et , horreur, de température de l’eau. Pour pallier cet inconvénient il faut ouvrir un second robinet et donc gaspiller un peu plus d’eau que nécessaire.
Il est également difficile d’alimenter la salle de bain du second  étage mais on y arrive en augmentant la pression maximum de la pompe.
Les problèmes de réglage de pression maxi/mini sont les plus ardus à maîtriser. Je pense que nos pompes de petite taille ne nous facilitent pas la tâche. Par la suite on les changera pour du matériel plus puissant.
Les pompes sont au nombre de deux. Une pour la maison et l’autre pour l’extérieur. Celle pour l’extérieur peut être utilisée en secours de la première par une simple inversion de vannes.
Le circuit de l’eau de ville est totalement indépendant et ne peut pas être mis en communication avec le circuit de l’eau de cuve. Quand on bascule de l’un sur l’autre il n’y a  à aucun moment de mélange des eaux.
 
La plomberie est très simple à réaliser et à la portée du premier bricoleur venu. On peut la concevoir sans aucune soudure et même sans aucun tube de cuivre et la monter comme un meccano. Nous avons soudé en partie mais c’était plus pour se faire plaisir que par nécessité.               
Ne pas oublier que la pompe à surpression exige un clapet anti-retour sur le tuyau qui plonge dans la cuve. Les mauvais fonctionnements des pompes proviennent souvent de problèmes sur ce clapet ou sur ce tuyau qui doit être parfaitement étanche car il contient de l’eau à la même pression que dans le réservoir de la pompe.
 
On trouvera le plan de l’installation dans  « plan du circuit d’eau de pluie »

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