Quelques mots sur la chasse en plaine
Peut-être avez-vous constaté en vous promenant dans les environs de Stigny que plusieurs groupes familiaux de faisans et de perdrix étaient présents et pouvaient, assez facilement, être observés. Comme vous le savez peut-être, chaque année la société de chasse du village achète et lâche dans la nature plusieurs douzaines d’oiseaux de ce type. Nous les chassons pendant quelques jours (en général 4 dimanches) en nous arrangeant pour que la moitié ou plus des animaux lâchés restent dans la campagne où nous espérons qu’ils vont repeupler nos champs et nos bois.
Hélas, malgré tous nos efforts nous n’avions jamais réussi à obtenir que des couples survivent à l’hiver et aux prédateurs (renards, rapaces, chats et chiens) et donc réussissent les couvées du printemps et de l’été.
Ces dernières années le miracle s’est produit. Plusieurs couples ont résisté, aidés par René Imbert qui les a agrainé (agrainer : donner des graines à manger) et à Jean-Yves Liefroid qui en piégeant a pu diminuer suffisamment le nombre des renards.
Nous avons fait notre devoir de chasseurs en repeuplant et en protégeant le gibier et nous allons continuer en laissant en réserve, cette année, les zones qui ont été colonisées par les oiseaux. Nous allons également continuer le repeuplement et le contrôle strict du nombre des animaux qui peuvent être tirés.
Cette anné, de plus nous avons lâchés 8 lièvres de reproduction dont aucun n'a été tiré au cours des journées de chasse.
Vous avez aussi un travail à faire pour aider nos nouveaux voisins sauvages à survivre et ce travail c’est essentiellement de les laisser à l’état sauvage. Ne tentez ni de les apprivoiser ni de les nourrir : la seule défense de ces animaux devant leurs ennemis c’est la fuite. S’ils perdent leur crainte naturelle de l’homme et de tout ce qui peut les détruire, ils deviendront des proies faciles et disparaîtront rapidement sous les griffes, dents ou plombs. Les nourrir n’est pas non plus une bonne idée car s’ils ne réussissent pas à trouver eux-mêmes leur nourriture ils sont également condamnés.
Quand nous les agrainons, nous le faisons quand nous savons qu’ils sont dans l’impossibilité de trouver leur subsistance. C’est un travail de spécialiste, faites confiance à René Imbert, il ne les laissera pas mourir de faim et il interviendra quand il faut et sans risquer de les rendre familiers.
En résumé, le meilleur service que vous puissiez leur rendre si vous les rencontrez, c’est de les effrayer en tapant dans vos mains et en faisant du bruit.
Un autre travail qui vous revient c’est de surveiller les animaux domestiques. Les chiens et chats qui sont lâchés librement (surtout les chats) font des dégâts aussi importants que les prédateurs sauvages. Il faut faire un effort pour limiter la divagation de vos animaux de compagnie (Divagation d’animaux : animaux laissés en liberté sans surveillance). Si vous voyez un chien en liberté, ne tentez pas de l’attraper mais allez prévenir son propriétaire ou vos parents, ils s’en occuperont et vous aurez peut-être sauvé plusieurs poussins de faisans ou de perdrix ou une portée de petits lièvres.
Pour les chats, la difficulté est plus grande. Le seul conseil que je puisse vous donner c’est d’essayer de les enfermer la nuit. Tout chat qui reste chez lui la nuit représente une augmentation des chances de survie dans les couvées.
Peut-être ai-je été un peu ennuyeux mais si vous avez lu le texte jusqu’au bout, vous avez déjà fait un effort pour la nature.
Plus tard, si c’est possible, je vous parlerai de la protection des grands animaux et du contrôle de leurs populations.
Je vous parlerai aussi des peuples chasseurs et vous verrez que, loin de détruire les animaux sauvages, ils les ont sauvegardés à travers les siècles et que c’est grâce à eux s’il existe encore une faune libre dans de nombreux pays du monde.
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